Dans une interview parue aujourd’hui dans le quotidien L’Économiste, le directeur général de l’Office national des chemins de fer (ONCF) est revenu brièvement sur le premier bilan du TGV marocain, mais également sur les perspectives de l’avenir. Les détails.

Dans un entretien publié aujourd’hui dans le quotidien L’Economiste, Mohamed Rabii Khlie a abordé, entre autres, les performances du train à grande vitesse Al Boraq, la relation de l’ONCF avec l’Etat, ainsi que la future politique de prix pratiquée par l’entreprise. Voici ce qu’il faut retenir de cette sortie.

La LGV, train de croissance

Quelques mois après son inauguration le 15 novembre dernier à Tanger par le roi Mohammed VI et le président français Emmanuel Macron, le train à grande vitesse (TGV) Al Boraq produit déjà des résultats à la hauteur des objectifs qui lui sont assignés. “Al Boraq est une réussite inédite et le feedback est largement positif à plus d’un titre”, s’est félicité Mohamed Rabii Khlie.

D’après le patron de l’ONCF, le TGV “a séduit les voyageurs par son accessibilité grâce à ses tarifs abordables et flexibles, à sa desserte bien pensée, son temps de parcours imbattable, et son confort irréprochable”. Mohamed Rabii Khlie en a profité pour annoncer que la ponctualité d’Al Boraq dépasse désormais 97%. Ceci est dû, entre autres, à une “offre augmentée de 50% pour atteindre 30 trains par jour”, ajoute la même source.

Un nouveau contrat-programme

Afin de renforcer son système de gouvernance, l’ONCF compte conclure un contrat-programme avec l’État. Selon Mohamed Rabii Khlie, ce nouveau contrat “sera signé au cours du 2e semestre 2019”, il a pour objectif de “doter le secteur du cadre organisationnel et économique le plus adapté à ses ambitions, dans des conditions soutenables conjuguées avec la restructuration de la dette, la poursuite du développement et l’introduction d’opérateurs et partenaires publics ou privés”, a-t-il expliqué.

Qui plus est, l’Office a également établi un nouveau cycle de développement pour la période 2019-2025. Ce dernier “constitue une référence pour le projet du prochain contrat-programme avec l’État”, et a comme objectif de “consolider les performances réalisées”, souligne le directeur général de l’ONCF.

Une nouvelle flotte

Selon Mohamed Rabii Khlie, le nouveau cycle de développement de l’ONCF prévoit notamment le renforcement du matériel roulant de l’Office. “Les acquisitions porteront sur une flotte de nouvelle génération, composée notamment de locomotives pour les trains voyageurs et fret, et de trains pour les liaisons de proximité et de grandes lignes”, confie le DG de l’ONCF à L’Économiste. 

L’Office a déjà prévu d’acquérir 30 nouvelles locomotives électriques, dont la livraison est annoncée pour décembre 2019. En outre, pour “accompagner les acquisitions précitées et renforcer la fiabilité et la disponibilité du matériel”, l’ONCF a prévu la “construction de nouveaux ateliers industriels et centres de maintenance, selon un nouveau plan de leur implantation géographique”, annonce Mohamed Rabii Khlie.

50 milliards d’investissement

Entre 2010 et 2018, l’ONCF a investi environ 50 milliards de dirhams dans le secteur ferroviaire, d’après son patron. Cette enveloppe, destinée à “la réalisation d’investissements structurants ayant des retombées matérielles et immatérielles conséquentes”, a été financée à 69% par recours à la dette. 17% du budget ont été fournis par la capacité d’autofinancement générée par les activités de l’Office, tandis que l’Etat a contribué à hauteur de 14% par l’État.

Grâce à sa capacité d’autofinancement dégagée et réinjectée dans le programme de modernisation du réseau existant, le financement du matériel roulant ainsi que les dépenses d’exploitation et de remboursement des dettes”, fait savoir Mohamed Rabii Khlie. Le soutien de l’État ne concerne donc que les projets de lignes nouvelles “à travers des dotations d’investissements et la prise en charge du service de la dette”, a-t-il expliqué.

Une nouvelle politique des prix

La politique des prix de l’ONCF est totalement revisitée. “La fin du tarif unique est bien actée”, précise Mohamed Rabii Khlie, annonçant la mise en place d’une gamme tarifaire modulable. L’objectif ? “Adapter l’offre aux différents segments de clientèle, tout en assurant l’accessibilité et en renforçant les performances”, explique le DG de l’ONCF.

Cette nouvelle politique des prix concerne Al Boraq, mais également les trains Al Atlas. Le voyageur a la possibilité d’optimiser le prix de son voyage pour une même destination. Ce prix varie selon la classe choisie (1re ou 2e), la date d’achat du billet, la date et l’heure du voyage, la carte de réduction et le niveau de flexibilité qu’il souhaite, détaille l’Économiste. L’ONCF a mis également à la disposition des voyageurs de nouvelles formules, notamment le nouveau tarif “Yalla”.

Ce dernier permet de voyager à 49 dirhams sur tous les trains, pour les axes Marrakech-Casablanca-Rabat-Fès et Tanger-Fès-Oujda-Nador. Cette offre est valable pour tous les achats réalisés au plus tard la veille du voyage et dans la limite des places disponibles, précise le DG de l’ONCF.

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